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"Ma sœur a entrepris ses études avec un sérieux sans faille tandis que j’ai préféré empiler des chapitres de roman en espérant pouvoir un jour en terminer un et faire de l’écriture mon activité principale. Déjà, je ne me voyais ni dans un bureau ni dans une classe. Il m’est arrivé parfois de regretter n’être pas formaté comme ces amis d’enfance qui, les uns après les autres, faisaient leur miel des écoles de commerce et allaient exhiber leur cynisme dans le marketing ou la publicité. J’ai persisté malgré tout à griffonner mes bouts d’histoires et n’en ai pas trop parlé, de peur qu’on ne sanctionne en moi ce que j’avais encore de bonnes chances de devenir — un écrivain raté, forcé de trouver un jour ou l’autre un vrai métier."
Accord d’Oriane (feutre vert pointe fine) : tout à fait moi… Si je n’avais pas rencontré le lieutenant Proust (le futur Général) qui m’a épousée et m’a ainsi permis de mettre de côté la matérialité quotidienne… Mais peut-être aurais-je alors été obligée d’écrire enfin ces textes que je ne finis jamais (à moins que ce soit cet inachèvement qui constitue mon écriture).
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